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Comment accompagner et guider
une personne ayant une deficience visuelle


Qui ne s’est jamais senti mal à l’aise pour accompagner une personne aveugle ou malvoyante ?

Avoir une déficience visuelle ne veut pas nécessairement dire être aveugle. Certaines personnes portent des verres correcteurs et utilisent en même temps une canne blanche pour se déplacer en toute sécurité.
Accompagner et guider une personne qui a une déficience visuelle c'est partager son projet, lui offrir un appui, l'assister dans l'accomplissement de certaines de ses activités mais c'est encore beaucoup plus. C'est lui permettre de vivre des moments enrichissants, divertissants et de contribuer directement à sa participation et son intégration sociale, rendant différentes situations plus agréables pour tous.

Que vous soyez un ami, un membre de la famille, un bénévole, un collègue de travail, un membre du personnel d'un organisme, vous êtes une ressource importante pour une personne ayant une déficience visuelle. Votre action contribuera à améliorer la qualité de vie de la personne que vous accompagnerez.

Dans le cadre d'une conversation, une personne ayant une déficience visuelle peut être confrontée à certaines difficultés puisqu'elle ne peut pas toujours percevoir les différents éléments de la communication non verbale. Par exemple, les gestes, la posture, l'expression faciale et autres mimiques ajoutent souvent une valeur importante au contenu d'un échange verbal et ne peuvent pas toujours être perçus par une personne ayant une déficience visuelle.



Voici quelques trucs permettant de faciliter
la prise de contact et la discussion
.

Lorsque vous débutez une conversation avec une personne ayant une déficience visuelle, identifiez-vous même si elle vous connaît. Si elle ne vous connaît pas déjà, donnez-lui un peu d'information sur votre identité.
Pour vous assurer que la personne sait que vous vous adressez à elle, interpellez-la par son prénom. Cela évitera confusion et malentendus et rendra la conversation plus agréable. Au besoin, touchez-lui le bras pour signifier votre présence. La personne vous portera alors attention.

Pendant la conversation : Utilisez un ton de voix normal
On remarque que certains ont tendance à parler plus fort en présence d'une personne qui a une déficience visuelle. Ce n'est pas parce que celle-ci ne vous voit pas bien qu'elle ne vous entend pas bien!

Lorsque vous vous adressez à la personne ayant une déficience visuelle, regardez-la même si celle-ci ne peut vous voir. Elle vous entendra mieux si votre voix est projetée vers elle et elle vous situera plus facilement.
Adressez-vous directement à la personne, même si elle est accompagnée. Laissez-la répondre aux questions qui lui sont posées.
La personne ayant une déficience visuelle fait ses propres choix et est capable de les affirmer elle-même. Ses proches n'ont pas besoin de décider ni de parler à sa place.
 
Ne craignez pas d'utiliser des termes tels que « voir et regarder ». Ces mots font partie du vocabulaire courant et ils sont employés par tous, y compris par les personnes ayant une déficience visuelle. La personne ne se sentira pas blessée ni mal à l'aise si vous les utilisez.
 
Lorsque vous quittez la personne, faites-le lui savoir.
La personne ayant une déficience visuelle utilise beaucoup son ouïe, mais dans un environnement le moindrement bruyant, il se pourrait qu'elle ne vous entende pas quitter les lieux. Elle pourrait alors poursuivre la conversation seule.
Pour éviter toute situation embarrassante et frustrante, avisez la personne de votre départ, même si vous ne vous absentez que pour quelques instants.
 
De plus, ne laissez pas la personne seule dans le milieu d'une pièce. Offrez-lui un point de repère tel un mur, une chaise, etc. afin d'éviter qu'elle vive la désagréable sensation de se sentir et de se retrouver dans un espace vide.

Dans certaines situations, la personne ayant une déficience visuelle peut avoir besoin de l'aide d'une personne voyante pour se déplacer, comme par exemple traverser une intersection ou s'orienter dans un lieu inconnu.

Ce qu'il faut savoir au départ

Les personnes qui se déplacent seules à l'aide d'une canne blanche ou d'un chien-guide ont appris des techniques et ont développé des habiletés assurant leur sécurité. Toutefois, dans les endroits non familiers, elles peuvent nécessiter l'aide d'une personne voyante.

Il faut savoir que chaque personne qui vit avec une déficience visuelle est différente. Ses besoins et les situations qui se présentent sont spécifiques.
Maintenant, lorsque vous ne connaissez pas une personne, que vous la voyez dans une situation où elle est en difficulté ou qu'elle risque de se blesser, n'hésitez pas, allez vers elle et informez-la de votre présence. Dites-lui ce qui se passe et demandez-lui si vous pouvez lui prêter assistance.

Dans les situations où une personne n'est pas en danger et qu'elle refuse votre aide, n'insistez pas.
Dans le doute ou dans une situation où vous n'êtes pas certain sur l'état de la vision de la personne que vous guidez, n'hésitez pas à lui demander au préalable comment elle désire être guidée (. exp. tenir votre coude, marcher côte à côte, prendre votre bras).

Des techniques simples pour bien guider

Dans le cas où la personne a besoin d'assistance ou désire être guidée, voici quelques techniques de guide voyant qui assureront des déplacements sécuritaires et faciles.

Lorsque vous donnez des explications ou des directions, soyez clair et précis, spécifiez « en avant », « à gauche », et non « par là », « là-bas », etc.
 
Offrez votre bras
Si la personne accepte votre aide, présentez-lui votre bras de façon à ce qu'elle puisse vous tenir au-dessus du coude. Cette façon de faire lui permettra de bien sentir les variations dans vos déplacements. Les enfants peuvent prendre votre poignet ou votre main alors que les personnes âgées préféreront peut-être entourer votre bras pour prendre appui.
Il est très important que ce soit la personne qui prenne votre bras. Il ne faut surtout pas la tirer ou la pousser puisque cela peut non seulement l'insécuriser, mais aussi être imprudent.
Prenez un pas de distance… et en avant!
Marchez un pas en avant de la personne pour lui éviter les irrégularités du terrain et les obstacles comme les fossés ou les trottoirs. Lorsqu'un obstacle ou une dénivellation se présente, il suffit de faire une petite pause.
Lorsque vous rencontrez un escalier, indiquez s'il faut monter ou descendre et mettez la personne en contact avec une rampe ou un mur. Veuillez aussi l'aviser de la fin de l'escalier.
 
Lorsque vous devez circuler dans un passage étroit (une porte, un corridor bondé, une rangée de tables, etc.), dirigez votre coude vers le centre de votre dos afin que la personne se place derrière vous. Vous vous déplacerez donc un à la file de l'autre et éviterez que la personne ne se heurte à des gens ou à des obstacles architecturaux.

Si vous passez une porte, indiquez de quel côté elle s'ouvre afin que la personne puisse tenir la porte ouverte et la refermer derrière elle.

Lorsqu'une personne doit entrer dans un véhicule ou s'asseoir à table, offrez-lui des points de repères tels que la porte de l'auto, le dossier de la chaise, etc.
 
Si vous passez d'un endroit sombre à un endroit éclairé (ou l'inverse), faites une pause pour permettre à la personne de s'adapter à la luminosité ou à l'obscurité. Dans certains cas, cette pause permet le changement de lunettes (verres clairs ou filtres solaires).
Pour certaines personnes, la vision dans l'obscurité est presque nulle, alors que pour d'autres la lumière est très éblouissante. Il faut donc laisser le temps à la personne de s'adapter.

Lorsque vous accompagnez une personne ayant une déficience visuelle lors d'un repas à l'extérieur de son milieu de vie habituel, vous pouvez lui offrir une aide discrète qui sera fort appréciée;

Utilisez la technique de l'horloge pour situer les différents éléments du couvert. Faites de même pour les aliments dans l'assiette.
La technique de l'horloge consiste à transposer mentalement sur la table les différents éléments selon le système horaire.
 
Cette technique permet à la personne ayant une déficience visuelle de se faire une idée plus précise des objets qui se trouvent sur la table ou des aliments dans son assiette. Par conséquent, la personne se sentira plus autonome.

C'est avec de petites choses que l'on fait le grand bien des aveugles.