Information social


Réforme de l’AAH

L'allocation adulte handicapée ne sera réformée qu'au 1er janvier 2011 et non plus au 1er juin 2010. Le projet vise à faciliter le cumul de l'aide AAH avec un salaire en permettant d'avoir jusqu'à 1,3 du SMIC au lieu de 1,1 du SMIC. Les associations dénoncent le fait qu'avec cette réforme environ 40 000 allocataires perdront en moyenne 30 euros par mois.

Victoire pour les associations du fait que la réforme soit repoussée car elles estimaient que les délais étaient trop courts pour informer les 900 000 personnes de ces nouvelles dispositions. Arnaud de Broca, président de la FNATH (accidentés de la vie) confie aux Echos : Le délai va permettre aux CAF de mieux se former et aux associations de préparer les bénévoles et les bénéficiaires de l'AAH à ce changement important. Le gouvernement a assuré que la réforme de l'AAH ne visait qu'à la simplifier et l'améliorer et qu'elle ne fera pas de perdants.

PCH ET APA : LAQUELLE CHOISIR ?

L'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA), entrée en vigueur le 1er janvier 2002, s'adresse aux personnes âgées de 60 ans ou plus résidant à domicile ou en établissement confrontées à des situations de perte d'autonomie dont le niveau de dépendance est évalué en GIR 1 à 4.

La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) entrée en vigueur le 1er janvier 2006, consiste à répondre, jusqu'à la fin de leur vie, aux besoins des personnes devenues handicapées avant l'âge de 60 ans en principe (sauf dérogations), qu'il s'agisse de l'insertion professionnelle, des aménagements du domicile ou du cadre de travail nécessaires au plein exercice de leur citoyenneté et de leur capacité d'autonomie, par le développement ou l'aménagement de l'offre de services, l'octroi d'aides de toute nature à la personne ou aux institutions pour vivre en milieu ordinaire adapté. La PCH peut ainsi être affectée à la prise en charge des besoins d'aides humaines et techniques, d'aides animalières, d'aides à l'aménagement du logement ou du véhicule de la personne handicapée, ainsi qu'à ses dépenses spécifiques et exceptionnelles.

Or, l'article 13 de la loi du 11 février 2005 prévoit que la distinction entre les personnes handicapées en fonction de critères d'âge en matière de compensation du handicap et de prise en charge des frais d'hébergement en établissements sociaux et médico-sociaux doit être supprimée d'ici 2010. Autrement dit, les personnes dont le handicap serait survenu après 60 ans devraient pouvoir opter pour la PCH sans limite d'âge.

Dans l'attente du décret d'application, nous nous proposons à travers cette fiche de comparer les deux allocations pour vous aider à faire votre choix, étant établi que le choix de la PCH reste le plus favorable pour les personnes déficientes visuelles.


I. CONDITIONS D'ATTRIBUTION

1/ Condition d'âge

a) PCH : Jusqu'à 60 ans. Mais 3 dérogations d'âge au-delà de 60 ans sont prévues :

  • Possibilité de l'étendre à 75 ans pour les personnes répondant aux critères du droit d'ouverture au droit à la PCH, avant l'âge de 60 ans.
  • Les personnes qui travaillent peuvent demander à bénéficier de la Prestation de Compensation, sans limite d'âge, même après 60 ans, sans qu'elles soient tenues de justifier de l'existence d'un handicap avant 60 ans.
  • Les personnes âgées de plus de 60 ans, sans limite d'âge, peuvent continuer d'en bénéficier, tant qu'elles en remplissent les conditions d'accès et qu'elles n'optent pas pour l'APA.


b) APA :

Avoir au moins 60 ans.

 

2/ Condition de résidence

PCH et APA : Résider de façon stable et régulière en France (métropole, DOM, Saint-Pierre-et-Miquelon). Les personnes de nationalité étrangère (hors ressortissants CE) doivent être en situation régulière en France : justifier d'une carte de résident ou d'un titre de séjour


3/ Condition liée à l'évaluation du handicap

a) PCH : Présenter une difficulté absolue (lorsque l'activité ne peut pas du tout être réalisée par la personne elle-même) à la réalisation d'une activité essentielle de la vie quotidienne (ex : se laver, se déplacer…voir liste détaillée dans annexe 2-5 du CASF) ou une difficulté grave (lorsque l'activité est réalisée difficilement et de façon altérée par rapport à l'activité habituellement réalisée) pour au moins deux activités.

b) APA : Être en perte d'autonomie. On considère qu'il y a perte d'autonomie lorsqu'une personne a besoin d'une assistance pour accomplir les actes essentiels de la vie courante : se laver, se nourrir…Il peut s'agir aussi de personnes dont l'état de santé nécessite une surveillance régulière. Le degré de perte d'autonomie est évalué à partir de la grille nationale AGGIR. Cette évaluation consiste à apprécier si le demandeur fait ou non partie des groupes GIR 1 à 4 qui, seuls, ouvrent droit à l'APA.

GIR 1 : Comprend les personnes confinées au lit ou au fauteuil ayant perdu leur autonomie mentale, corporelle, locomotrice, et sociale, qui nécessite une présence indispensable et continue d'intervenants.

GIR 2 : Comprend les personnes de 2 sous-groupes : d'une part, les personnes confinées au lit dont les fonctions mentales ne sont pas complètement altérées et qui nécessitent une prise en charge pour la plupart des activités de la vie courante ; d'autre part, celles dont les fonctions mentales sont altérées mais qui ont conservé leurs capacités motrices. Le déplacement à l'intérieur est possible mais la toilette et l'habillage ne sont pas faits ou partiellement.

GIR 3 : Comprend les personnes ayant conservé leur autonomie mentale, partiellement leur autonomie locomotrice, mais qui nécessitent quotidiennement et plusieurs fois par jour des aides pour leur autonomie corporelle. De plus, l'hygiène de l'élimination nécessite l'aide d'une tierce personne.

GIR 4 : Comprend les personnes qui n'assument pas seules leur transfert mais, qui une fois levées, peuvent se déplacer à l'intérieur du logement. Elles doivent être aidées pour la toilette et l'habillage. La plupart s'alimentent seules ; ce groupe comprend aussi des personnes sans problème de locomotion mais qu'il faut aider pour les activités corporelles et les repas.

Il ressort que les personnes déficientes visuelles sont majoritairement classées en GIR 4 à moins d'être atteints par d'autres handicaps.


4/ Condition de ressources

a) PCH : Le taux de prise en charge est fixé à :

100 % si les ressources mensuelles de la personne handicapée sont inférieures ou égales à deux fois le montant annuel de la majoration pour tierce personne, soit 2076,72 €.

80 % si les ressources mensuelles de la personne handicapée sont supérieures à deux fois le montant annuel de la majoration pour tierce personne, soit 2076,12 €.

Les ressources prises en compte pour la détermination du taux de prise en charge sont les revenus des valeurs et capitaux mobiliers, les plus-values et gains divers et les revenus fonciers du foyer fiscal tels que reportés sur l'avis d'imposition.


Sont donc exclues les ressources suivantes :

  • - Les revenus d'activité professionnelle de l'intéressé.
  • Les indemnités temporaires, prestations et rentes viagères servies aux victimes d'accident du travail ou à leurs ayants droit.
  • Les revenus d'activité du conjoint, du concubin, du pacsé, de l'aidant familial qui, vivant au foyer de l'intéressé, en assure l'aide effective, de ses parents même lorsque l'intéressé est domicilié chez eux.
  • Les rentes viagères sous certaines conditions.
  • Les revenus de remplacement : avantage de vieillesse (retraites) ou d'invalidité, allocations versées aux travailleurs privés d'emploi, indemnités de maladie, maternité, maladies professionnelles, accidents du travail, pension alimentaire, bourses d'étudiant ( art R 245-47 du CASF).
  • Les prestations sociales à objet spécialisé : allocation de logement, RSA, prime de déménagement (art R 245-48 du CASF).

b) APA : L'APA n'est pas soumise à condition de ressources. Toutefois, les revenus du demandeur sont pris en considération pour déterminer le montant de l'allocation à laquelle il a droit. Il restera ainsi à sa charge une participation financière plus ou moins importante appelée « ticket modérateur ».

Aucune participation ne sera demandée si les ressources du foyer fiscal sont inférieures à 0,67 fois le montant de la majoration tierce personne (0,67x1038, 36€). Elle sera de 90% si les ressources sont au moins égales à 2,67 fois le montant de la majoration tierce personne.

Il apparaît clairement que les conditions de ressources de la PCH sont plus favorables que celles de l'APA.