Echos du séjour à Valençay
du 3 au 7 juin 2013


De bon matin, le lundi 3 juin 2013 à 8h10 au manoir Georges Guénier, une belle journée se profile.
Quelques Normands aux cannes blanches et leurs guides sont réunis pour embarquer vers des pays lointains.
Le car conduit par Sébastien arrive à l’heure précise.

Après des salutations et des embrassades amicales, nous nous installons bien confortablement sur nos sièges, et en route à 8h30 pour 5 jours de détente.

Nous nous arrêterons à Lengronne, Villedieu-les-Poêles et Saint-Hilaire-du-Harcouët pour glaner les derniers vacanciers. Puis, direction Alençon où le restaurant le Hussard nous attendait pour le déjeuner.
Bien rassasiés et en forme, nous reprenons la route pour arriver en fin d’après-midi à Valençay, au relai du moulin, avec un peu de retard. La directrice nous accueille chaleureusement et nous souhaite la bienvenue.
Nos bagages nous sont remis ainsi que les clefs de nos chambres respectives. Dans la salle à manger du restaurant le pot de bienvenue nous est offert, puis un repas très copieux nous attend.
Il faut se dépêcher de manger !

Dans la salle d’animation il y a deux frères qui jouent de la vielle à roue. Ils sont là pour nous donner un concert. Ils expliquent que cet instrument est composé de 90% de bois, et qu’en raison de l’humidité le bois travaille beaucoup. Il faut donc l’accorder souvent. On dit : « qu’un vielleux met trois quarts d’heure à accorder son instrument et un quart d’heure à jouer faux ! »... Ensuite nous avons pu toucher la vielle en détail et tourner la manivelle pour en faire sortir quelques sons.
Voici les différentes pièces qui composent la vielle : Le coffre, le clavier, la manivelle à roue généralement en buis, les quatre cordes et le chien qui est une petite pièce de bois.
Après nous avoir interprété différentes danses : Des polkas, des scottishs et des valses du XIXe siècles, les musiciens nous ont proposé quelques pas de danse que voici :

La musique commence !
Les hommes et les femmes se prennent par la main en faisant une ronde.
- quatre pas vers le centre du cercle, quatre pas à reculons vers la position initiale,
- puis une deuxième fois cette figure.

Ensuite, les femmes seules. - Quatre pas en avant et reviennent à reculons en faisant quatre pas.

Au tour des hommes. - Quatre pas en avant, mais reviennent en se retournant, en faisant quatre pas vers leur cavalière de gauche qu’ils enlacent, pour les faire tourner pendant quelques mesures de musique.
Puis, les cavaliers prennent leurs cavalières par le bras et vont faire une promenade pour reconstituer la ronde qui recommence, ainsi de suite…
Après cette journée bien remplie, dans nos chambres confortables, nous allons passer une nuit réparatrice et bien méritée.

Mardi 4 juin,
Photo groupe séjour à ValençayQuartier libre le matin ! Au petit déjeuner, chacun et chacune se saluent en donnant leur première impression de ce qu’ils ont déjà vécu.
À 10h, nous allons au marché de Valençay. Nos guides nous décrivent ce qu’ils voient sur les étalages. Notons le vin et le fromage de chèvre de Valençay qui ont l’appellation AOC. Ce fromage a une forme pyramidale tronquée et de couleur cendrée. Après avoir fait quelques emplettes, nous voici de retour au VVF où quelques-uns ont pu s’éclater dans la piscine et profiter des bains bouillonnants.
À midi, nous nous réconfortons au restaurant pour reprendre des forces.
- L’après-midi, notre guide Lucie se joint à nous dans le car. Elle va nous décrire les paysages, l’histoire et la géographie du Berry.
Situé dans la région centre, il réunit cinq départements :
Le 36, l’Indre dont le chef-lieu est Châteauroux ; Le 37, l’Indre-et-Loire, région (la Touraine) avec Tours ; le 41 Loir-et-Cher, Blois ; le 45, le Loiret, Orléans ; le 18, le Cher, Bourges dont les habitants s’appellent les Bériers et les Bérières et le 28, l’Eure-et-Loir, Chartres..

Enfin nous arrivons à Nohan où le car nous débarque pour visiter la demeure de George Sand qui a été construite dans les années 1770. Son architecture est classique, deux ailes de chaque côté en façade. Au rez-de-chaussée comme à l’étage il y a six fenêtres. La toiture est en ardoise.
La maison a été achetée en pleine terreur par la grand’mère Aurore Dupin. Aurore Dupin était aussi le nom de George Sand qui est née à Paris en 1804. Elle est arrivée à Nohan à l’âge de 4 ans, où elle y a vécu 72 ans jusqu’en 1876.

En continuant notre visite, dans la cuisine nous avons pu remarquer un extraordinaire fourneau en fonte de 2m de long sur 1m de large installé au milieu de la pièce.
Les domestiques étaient au nombre de dix : Deux servantes, un cocher, un jardinier, un cuisinier, un marmiton, un menuisier homme à tout faire, trois paysans et une paire de boeufs qui exploiteront 10ha de terre pour produire des céréales, de la viande et des volailles qui serviront aux besoins de la maison.

Nous passons au salon tapissé de bleu (la couleur préférée de George Sand). Il est très grand, la hauteur est impressionnante, environ cinq mètres ; la cheminée est monumentale. Au milieu, une table ovale avec dix chaises autour ; au fond de la pièce un petit piano Pleyel.

Dans la chambre de la grand-mère Dupin, nous remarquons que son lit à la Polonaise est très court, environ, 1,75m avec un rideau de chaque côté et une couronne au-dessus. C’est là, assise au pied de son lit qu’elle recevait ses amis. Plus tard, George Sand fit installer un petit lit pour faire dormir son fils Maurice et sa fille Solange qui dormaient dans le lit de la grand-mère. Elle s’occupait beaucoup de ses enfants pendant la journée. Elle écrivait ses romans la nuit dans un placard aménagé en s’éclairant à la bougie.

Son fils Maurice, adulte, devint marionnettiste. Il aimait rassembler ses amis et les paysans pour faire des spectacles de marionnettes axés sur les pièces écrites par sa mère.
Nous empruntons l’escalier qui nous mène à l’étage pour visiter les trois grandes chambres dont celle de Frédéric Chopin, où il travaillait. Il y composa 80% de ses oeuvres sur un piano fourni par la maison Pleyel.
Ainsi au calme, il pouvait se reposer l’été pendant sa maladie.
L’hiver, il donnait des cours à Paris.
L’une des chambres était aménagée en bibliothèque qui comportait 8 mille livres.
La visite de la maison de George Sand, s’est terminée dans la chambre chinoise avec des meubles en bambou incrustés de nacre, ce mobilier venait de l’Indochine (aujourd’hui devenu le Cambodge.

Sur le chemin du retour, notre guide continue de nous décrire le paysage et nous raconte la légende du fromage de chèvre tronqué : Napoléon rentrant déprimé de sa campagne d’Égypte, fut invité au château de Valençay qui appartenait à Talleyrand. Au cours d’un repas on lui servit au dessert une pyramide de fromages, ( Encore une pyramide ! dit-il, en se fâchant.) Il prit son sabre et il la décapita.

Le soir au VVF, après le repas Claude et son accordéon nous attendait pour nous faire chanter et danser avec un groupe de vacanciers Belges qui a fortement apprécié la chaude ambiance.

Le mercredi 5 juin,
Toujours en compagnie de Lucie nous continuons nos excursions vers Châteauroux Chef-lieu du Berry.
Les berrichons et les berrichonnes, ont deux spécialités culinaires : Le pâté Berrichon qui est composé de chair à saucisse mélangé avec du pain dur ou de la biscotte trempée dans du lait que l’on étale sur une pâte feuilletée rectangulaire. Dessus on ajoute des moitiés d’oeufs durs et on recouvre le tout avec le restant de la pâte feuilletée. On badigeonne avec du jaune d’oeuf, avant de mettre au four.

- En deuxième spécialité, il y a les lentilles vertes du Berry.

Autre caractéristique de cette région : L’âne noir du Berry qui a le museau blanc et le bout des oreilles blanches. On l’utilisait pour cultiver les marécages, tirer les péniches sur les chemins de halage ou pour tirer les carrioles chargées de volailles et de légumes pour les vendre au marché.

Le parc régional de la Brenne du Berry est une zone marécageuse de mille étangs, (en réalité il en a été dénombré trois mille). Ils sont très poissonneux, la carpe y règne en maître.

Nous arrivons à Châteauroux pour visiter le musée de l’hôtel Bertrand qui se situe près de l’église Saint-Martial.
Cet hôtel a été construit vers la fin du XVIIIe siècle par Martin Boucher, père du général Bertrand qui fut l’un des plus fidèles compagnons de Napoléon. Il l’accompagna avec toute sa famille en exil à Sainte-Hélène jusqu’à sa mort. Vingt ans plus tard, il retournera à Sainte-Hélène chercher les cendres de l’empereur pour les ramener aux Invalides. Nous sommes dans la cour d’honneur de l’hôtel qui est une construction classique à deux étages. L’avant-corps central est légèrement en ressaut, la porte et les fenêtres sont simples, sur le toit des lucarnes en arrondis. Deux ailes perpendiculaires reviennent de chaque côté. Le musée comprend quelques collections napoléoniennes, des peintures flamandes et hollandaises.
Dans le salon, nous avons pu découvrir en touchant, différents bustes en marbre de Carra, un Napoléon triomphant sur son cheval qui semble hyper heureux, et des statues ailées, des chandeliers en forme de trompes de chasse qui semblent clamer l’importance du personnage.

Dans une autre pièce au rez-de-chaussée, nous avons regardé et touché des stèles gallo-romaines représentant souvent des gens qui tiennent les outils de leur profession. Elles ont été découvertes dans des champs de labour par un paysan vers la fin du XIXe siècle.

La visite se termine par quatre tableaux de maîtres impressionnistes, comme (Monet) représentant de très beaux paysages. Des enregistrements sonores nous les décrivent et à la fois font entendre des chants d’oiseaux ou le tic-tac d’un moulin.

L’après-midi, après avoir pris notre repas dans un restaurant où nous avons mangé en outre, des carpes et des truites du Berry. Nous faisons une ballade dans Châteauroux, charmante ville ancienne qui se caractérise par un environnement préservé, ainsi que par de nombreux monuments historiques. Parmi les monuments, on peut citer le château Raoul racontant à lui seul une grande partie de l'histoire de Châteauroux. Quant aux rues du centre-ville historique, elles témoignent de l’époque médiévale. Dans les rues on peut remarquer des coquilles Saint-Jacques, de forme convexe. Autrefois elles indiquaient le chemin bis de Compostelle.

Nous avons visité l’église St Gabriel, la place EQUINOXE d’une architecture moderne, la rue de la gare avec ses maisons à colombage, la médiathèque qui a été construite en 1994, sa structure est hyper moderne. Elle est faite de verre et d’acier.

À 16h, la maison du tourisme nous a gentiment accueillis et nous a fait déguster les produits du terroir : fromages, gâteaux aux myrtilles, jus de pomme et bien sûr les vins rouges et blancs de Valençay.
Le retour en car vers notre point d’attache s’est effectué dans la bonne humeur.

Jeudi 6 juin
La matinée a été occupée par la visite audio-guidée du château de Valençay, construit en pierre de tufeau, et par la promenade très intéressante du jardin et du parc.

L’après-midi, nous embarquons sur le Tasciana, en aval sur l’ancien cours du Cher vers le lac des Trois Provinces. Ce bateau à fond plat nous attend dans une écluse qui a été construite vers les années 1830. Pour que l’embarcation puisse commencer sa navigation, il faut faire évacuer les trois mètres cinquante d’eau par une vantelle située dans la porte principale de l’écluse. Nous sentons et voyons le bateau descendre. Le niveau étant atteint les portes s’ouvrent et nous partons au fil du courant.

Le Cher prend sa source dans le Combraille à Mérinchal, département de la Creuse. Il traverse sept départements différents, il finit sa course dans le fleuve royal à Villandry.
Les oiseaux que l’on peut découvrir sont : La mouette rieuse de 40cm d’une envergure de 105cm et 225 à 350g, elle a le bec rouge et la tête noire, la poule d’eau, le canard col-vert, le martin-pêcheur bleu argenté sur le dos et rouge orangé sur le ventre, l’hirondelle de rivage de très petite taille, le héron cendré, le cormoran qui est le plus grand prédateur.Il peut manger de 400 à 500 grammes de poisson par jour. Il se déplace toujours en bande. Lorsqu’ils sont 100 ou 200 sur un étang, les dégâts sont très importants.

Les poissons les plus importants sont : Le brochet, le sandre, la perche, l’anguille qui est en voie de disparition à cause de la pêche intense de la civelle, le silure qui peut atteindre 3m de long.
Les berges des rivières sont minées par les rats musqués et aussi, par les ragondins, appelés, (lièvres des marais,) dont la chair est excellente.

Arrivés à l’écluse, nous retrouvons le car avec Lucie qui, au retour, nous explique l’histoire de la chasse à courre.
Dans la région, les forêts sont nombreuses et peuplées de gibiers. Autrefois, cerfs, sangliers, chevreuils, biches, abondaient.
Les loups étaient leurs prédateurs naturels.

Les nobles avaient le privilège d’accompagner le roi à la chasse qui était considérée comme un sport. Aujourd’hui, la chasse à courre est très règlementée. De la fin septembre à mi-mars, elle est autorisée le mardi, le jeudi et le samedi. À la fin de cette période les gardes forestiers comptent le nombre d’individus dans les domaines, les forêts. Ils donnent ce nombre à la préfecture qui établit un quota.

En conséquence, il y aura un pourcentage d’animaux à éliminer.

Avant de finir cette journée, nous avons fait un petit arrêt dégustation de vin de pays dans une cave.
Le soir, au cours du repas, deux soeurs de l’école de danse orientale de Châteauroux sont venues charmer nos amis voyants par leurs superbes chorégraphies et leurs magnifiques apparats.

Vendredi 7 juin
Hélas, le séjour se termine ! Nous reprenons nos bagages et faisons nos adieux au personnel du VVF.
La convivialité, les histoires, les chansons ont meublé notre retour dans le car jusqu’à Alençon, où le déjeuner nous attendait.

L’après-midi, nous sommes attendus au musée des Beaux-Arts et de la dentelle où nous formerons deux groupes pour la visite. M. Dureuil (conférencier) nous prend en charge pour faire l’historique du musée. En 1665, pour deux raisons Colbert créa une manufacture royale à Alençon :
a) les dentelières  étaient très nombreuses  dans la région,  il y en avait 8000 alors     qu’aujourd’hui il n’en reste que 7 dont 3 en formation.
b) les nobles et les seigneurs de l’époque achetaient la dentelle de Venise, en Italie,     qui était très chère.

Lorsque le point à l’aiguille d’Alençon fut plus perfectionné et moins cher, Louis XIV décida vers 1700, de l’imposer à la cour de Versailles.
La broderie est un dessin que l’on brode sur un support alors que la dentelle est uniquement composée de fils représentant un dessin. Son point a une forme hexagonale d’un millimètre de côté.
Avant de terminer cette visite, le guide nous a décrit quelques tableaux de grands peintres d’une façon très intéressante.

Voilà notre séjour de vacances terminé ! Nous rentrons dans notre chère Normandie en ayant engrangé un peu plus de connaissance, d’amitié et de fraternité entre nous tous.

Claude Saint-Clair


Article de l'écho de Marseille, voyage juin 2013.

 

Découvrir la ville avec les Mains ! Pour la première fois l'office du tourisme a emmené un groupe d'aveugles à la découverte de l'histoire Castelroussinne.

Depuis le début de la semaine, 38 membres de l'association des aveugles et malvoyants de la Manche visitent le Berry. Installés à Valençay, ils sillonnent le département à la découverte des trésors locaux, gustatifs comme patrimoniaux.

Après la maison de George Sand et le château de Valençay, ils découvraient hier la cité Castelroussine. Pour l'occasion Anna Sabaché, le guide de l'office du tourisme a concocté un circuit inédit « J'ai cherché des monuments qu'ils pourraient apprécier grâce au toucher. Je dois aussi adapter mon discours en y incorporant plus de détails descriptifs «

Partant d'Équinoxe, le parcours s'est poursuivi au pied de l'église Notre-Dame avant de se terminer place de la République.

Photo Claude Saint Clair au piano chez Georges SandAprès la visite, une dégustation de produits locaux attendait les touristes Normands à l'office du tourisme.